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Pourquoi l’haltérophilie n’est pas un problème au CrossFit ?

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Parmi les critiques des haters, des coaches sentant une concurrence forte vis-à-vis de leurs activités, une d’entre elles revient régulièrement : Les mouvements d’haltérophilie sont dangereux en état de fatigue, le CrossFit propose de les utiliser avec une grande fatigue, donc le CrossFit est dangereux. Un beau syllogisme bien basique.

Nous allons voir pourquoi cette critique ne tient pas debout ni dans la théorie, ni dans la pratique.

La critique en provenance des entraîneurs d’haltérophilie

La première et principale critique vient d’une absence de formation spécifique en haltérophilie (oui, on aime bien le bout de papier justifiant d’une expérience validée par la fédération officielle).

Pour ce point, la réponse à cette critique est assez simple : jusqu’à ce que le CrossFit apparaisse, jamais je n’ai entendu autant de critiques envers les préparateurs physiques qui proposent des exercices de type haltérophilie dans leurs séances, sans formation et diplôme très spécifique en haltérophilie. Pourtant, préparateur physique depuis quelques décennies, j’ai toujours proposé des séances incluant du Clean, du Jerk, de l’OHS, etc. Et ceci est valable avec l’immense majorité des collègues avec qui je discute régulièrement, qui n’ont aucune espèce de formation fédérale en haltérophilie, sauf ce que nous faisons avec chaque mouvement : analyse, réflexion, conclusion sur la manière de le proposer à un athlète particulier avec un objectif particulier. Bref, une recherche de mouvement nécessaire à un apprentissage que l’on adapte à chaque athlète. Du Scaling comme on dit en CrossFit. Personne ne critiquait aussi fortement cette pratique avant l’avènement du CrossFit. Pourquoi ?

La seconde critique importante, provenant des entraîneurs spécialisés en haltérophilie, est l’usage de gestes très précis, à très haute vitesse (bref les gestes des mouvements Olympiques) sur un grand nombre de répétitions et/ou en état de fatigue. Ceci engendre 2 conséquences : la dégradation technique (et donc la perte d’efficience, l’apprentissage d’une mauvaise technique) et l’augmentation des risques de blessure (haute vitesse + Dégradation technique = risque de mauvais placements articulaires, donc risques de blessure).

A cette seconde critique, nous pouvons répondre de plusieurs manières. La première, comme pour la critique précédente, est que personne ne s’alarmait, avant le CrossFit, lorsque les préparateurs physiques proposaient des complexes d’haltérophilies aux rugbymans par exemple (Clean + Front Squat + Jerk + Back Squat + Push Neck + Back Squat). Pourquoi un changement aussi important en 3-4 ans sinon une volonté systématique aller contre le CrossFit ?

La seconde réponse possible est sur l’aspect apprentissage technique. Il faut dissocier spécialiste et généraliste. Un spécialiste va apprendre un mouvement jusqu’à la perfection. Et là, il va chercher à pousser cette perfection dans ses retranchements afin d’exceller dans la compétition. Chaque variation, chaque erreur de quelques millimètres sont des échecs qu’il faut corriger rapidement pour que la précision ne se perde pas. Et avec les charges utilisées, chaque échec est un risque de blessure. Un débutant en haltérophilie va, quant à lui, chercher à dégrossir le travail. Il va d’abord apprendre des gestes globaux, des postures intermédiaires très grossières. Puis, au fur et à mesure de sa progression, il va affiner jusqu’à devenir un spécialiste. Ainsi, sauf erreurs importantes, il n’y a pas de correction aussi rigoureuse que pour l’hyper spécialiste. Ce n’est pas parce qu’il a raté son 2ème tirage sur 3 barres de suite qu’il va passer plusieurs dizaines, voire centaines, de répétitions à revoir ce geste pour effacer l’erreur de sa coordination. Il va simplement chercher à corriger cela sur les répétitions suivantes. Le CrossFiteur est dans ce cas de figure : il n’est pas un spécialiste, mais un généraliste. Plus son niveau augmentera, plus on lui demandera d’être précis. Mais il ne le sera jamais autant que les médaillés Olympique de la discipline, alors que dire de la masse des CrossFiteurs qui sont encore plus à dégrossir que les champions du CrossFit ?

La troisième réponse à apporter se situe plus du point de vue de la relation fatigue-blessure.  D’une part, les chiffres ne montrent pas d’augmentation du nombre de blessures par rapport à l’haltérophilie (en réalité, les études montrent un taux de blessure à peu près équivalent entre CrossFit, musculation, haltérophilie et Gymnastique). Donc la réalité du terrain ne va pas dans le sens des risques potentiels mis en avant par les Haters. On confond risque théorique et réalité du terrain. D’autre part, ces spécialistes n’arrivent pas à effacer leur logiciel de spécialiste. Pour un spécialiste, les charges et les volumes d’entraînement sont calculés avec un logiciel ultra-performant pour être en permanence dans l’optimal, à la limite des possibilités de l’athlète pour le faire progresser au mieux. Pour un non spécialiste, on est très loin des possibilités de l’athlète lorsque l’on travaille en état de fatigue. On va plutôt s’épuiser sur des charges loin des possibilités afin de maintenir les critères qualitatifs du geste le plus longtemps possible (critères de réussite, critères de sécurité, vitesse). Ainsi, on ne peut comparer un entraînement spécifique haltérophilie où l’on va, par exemple, travailler à 80% de son record sur 3-4 répétitions parfaites pour progresser techniquement en état de fatigue (oui, il y a une fatigue à faire 3-4 répétitions à 80%) et un entraînement autre où l’on va prendre 50% du max pour enchaîner des répétitions afin non plus de progresser techniquement, mais d’améliorer d’autres qualités telles que la capacité de récupération, le renforcement musculaire, etc. Les risques ne sont pas les mêmes, les observations à faire sur le mouvement non plus. Mais pour cela, il faut sortir de son dogme et accepter qu’un mouvement n’ait pas qu’un objectif (la compétition spécifique) mais peut aussi être un outil pour progresser ailleurs. Dans ce dernier cas, on va adapter la technique à l’objectif, alors que le spécialiste s’impose une progression sur une même technique gestuelle.

Conclusion

Oui, chaque pratique sportive, orientée vers la progression, est une prise de risque. C’est inhérent à tout mouvement (même en montant les escaliers en revenant des courses je peux me blesser).

Non, l’utilisation de l’haltérophilie n’est pas plus dangereuse que le sprint ou les sauts (pour l’aspect vitesse, explosivité) : chacun pratique à son niveau.

Oui, un mauvais coach qui laisse faire des énormités techniques est dangereux pour ses pratiquants, même s’il est spécialiste ou non du geste.

Non, un bon coach corrigeant et imposant une rigueur à l’entraînement n’est pas plus dangereux pour ses pratiquants, même s’il n’est pas spécialiste du geste en question.

Et entre temps, Fuck your Genetic, Train Hard !

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